John King Fairbank

Publié le par Jurek





































John King Fairbank montre dans ce livre que la répression sanglante de la place Tian'an-men est, sans doute, l'un des aboutissements d'une histoire tumultueuse qui a duré deux siècles.

La grande révolution chinoise s'enracine en effet peu après 1800 lorsque commence l'éveil de la Chine, émergeant d'un isolement séculaire sous la pression du monde extérieur (l'Occident, puis le japon). La fin de la dynastie mandchoue, l'irruption des puissances étrangères, la révolution de 1911 et la première république chinoise, la guerre civile ont finalement conduit à la victoire d'un parti communiste issu d'une poignée d'hommes et de femmes qui avaient difficilement survécu à la chasse impitoyable des armées de Tchang Kaï-Chek avant de triompher.

L'auteur analyse enfin les quarante dernières années de la Chine sous le régime communiste, ses soubresauts (la création du nouvel Etat, le Grand Bond en avant , la Grande Révolution culturelle prolétarienne de Mao Zedong ) et sa modernisation par Deng Xiaoping.


Commentaires:

Aujourd'hui n'est jamais le résultat d'hier, dans la mesure ou la vie humaine et plus  généralement la vie de tous les vivants, faune et flore réunies, est un phénomène continu où tout découpage est arbitraire.

C'est une position que l'on rencontre parfois chez des historiens quand ils érigent en science un assemblage de faits réels. L'érudition malheureusement ne fait qu'augmenter le malaise.
Or, il semble possible d'étudier scientifiquement les faits humains mais à condition de respecter les règles de la connaissance scientifique. Faut-il pour autant parler de sciences "humaines"? Si l'une des sciences est qualifiée d'exacte, l'autre  sera-t-elle inexacte. A priori, mais il y a là un grand débat, la science est une.

Les faits décrits dans ce livre sont objectifs mais c'est l'enchaînement, la théorie, qui est contestable.

Afin de lever le voile sur cette remise en question, il y aurait déjà un exercice préalable à réaliser qui consisterait à estimer que l'histoire doit être fonder non sur les concepts d'Harvard ou de la sinologie française mais sur le confucianisme, la taoïsme ou le boudhisme. Certes , ce serait tomber de Charybde en Sylla. Mais cela permettrait de prendre conscience que notre navire scientifique n'a ni voile ni gouvernail et qu'il évolue aux grés des zones culturelles où il se trouve.


Conclusion - application:
"La répression sanglante" n'est pas "l'un des aboutissements d'une histoire tumultueuse qui a duré deux siècles". Elle est un mode de règlement d'une crise qui se traduit par le face à face hostile à un moment donné d'une foule désarmée face à un groupe organisé que l'on appelle "armée". Des situations de ce type, il en existe un nombre très important dans les faits qui nous sont connus de la Chine depuis que ces faits sont écrits. Mais il y en a encore plus, si l'on prend en compte tous ceux qui sont recensés dans tous les autres pays de la Terre. C'est de cette manière que l'on peut "entrer en science" car nous nous trouvons en face d'une accumulation de faits identiques sur lesquels nous pouvons enfin élaborer des lois scientifiques indépendantes de l'homme.

Publié dans 12chinois

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"je" dominique 08/02/2007 21:44

total désaccord sur cette conception idéologique de la science et de l'illusion d'une pensée sur le monde indépendante du "cogito" !!!! Et où est le "je" initial? que nous soyons 6................ milliards de "je " à penser différenmment sur des faits similaires n'enlèvera jamais l'obligation de passer par l'homme pour "faire" ou "dire" les lois scientifiques" .... A suivreEt bien le bonsoir , Jurek