La bonne gouvernance

Publié le par Jurek

VERSION  - Philosophie:


De quelques bords de la pensée que nous soyons, nous avons beaucoup de difficultés à "penser" la Chine, en particulier, et les "autres", en général. Ne nous méprenons pas sur les grands sentiments que nous trouvons souvent sur notre chemin depuis le "Tiers Monde" des chrétiens, en passant aux "Pays en Voie de Développement" des grands économistes après un détour par le "Mode de Production Asiatique" des marxistes orthodoxes. Voilà une quantité de mots un peu obscurs qui servent à dire clairement "je suis supérieur" et "tu es inférieur".

Cette constatation un peu primesautière pourrait faire croire que ce ne sont que des états d'âmes et que l'infériorité et la supériorité ne sont que des erreurs de points de vue sans conséquence. Hélas, non. Car l'infériorité c'est le racisme subit, le vol, etc ... Et la supériorité c'est le droit de se servir de ce qui appartient à l'inférieur. Comme il n'a ni avocat, ni argent ni armes pour se défendre, ce qui normalement ,chez les supérieurs, restent dans leurs poches, s'en évadent des leur sans qu'ils ne puissent rien faire.

Serait-ce la énième proclamation révolutionnaire? Est -ce le nouveau cri de l'opprimé en voie de libération? Non.

Reprenons notre loi sur l'identité de tous les "JE" en l'occurence des 6,5 milliards d'humains vivants en cet instant sur la Terre. Selon cette loi, il n'y a pas de "JE" inférieurs et de "JE" supérieurs mais des "JE" en position d'infériorité et des "JE" en position de supériorité. Puisons dans l'histoire universelle. Les inférieurs d'aujourd'hui sont les supérieurs d'hier même si cela a pris du temps et des détours multiples. Les situations n'ont cessé de se transformer. Et nous ne risquons pas de nous tromper en pariant sur une supériorité écrasante des inférieurs d'aujourd'hui dans les siècles à venir.

Les "JE" créent des sociétés, ces sociétés se développent, stagnent ou régressent. Personne ne peut vivre en dehors d'une société et personne à l'interieur d'une société ne peut  jouer un rôle autre que ceux qui existent dans cette société.

Il y a une lente prise de conscience de cette relativité généralisée: il n'y a pas de démocratie chez eux mais que leur avons nous fait, nous, dans le passé alors que nous étions déjà démocrates. C'est pour cette raison, que nous ne cherchons plus à favoriser la démocratie là où nous estimons qu'elle n'existe pas mais plutôt la bonne gouvernance.

Dans nos têtes le mot de gouvernance signifie toujours démocratie.... Et dans leur tête aussi mais cela permet de sauver la face.


VERSION 2 - Ethologie transcendantale.


L'Ethologie transcendantale prône que tout être vivant est un "JE" qui appartient à une espèce précise. Il y a donc des lois générales liées à ce qu'est un "JE" et à ce qu'est une espèce. A l'intérieur de chaque espèce se constitue des groupes/sous-groupe/etc.. pour lesquelles il y a également des lois qui existent.

Dans ce blog, il est essentiellement question de "JE" de l'espèce humaine.

Il semble que les premiers "JE" de l'espèce Homo sapiens datent d'il y a 135 000 ans. On estime qu'il y a 3 millions d'années, il y avait environ 10 000 humains sur Terre et que 10 000 ans avant le présent, ce nombre évoluait autour de 1 million. Donc à l'époque où apparaît l'homo sapiens la fourchette de population se situe autour de ces deux chiffres. Autour de l'an zéro de l'ère chrétienne, ce chiffre monte à 300 millions. Cette "explosion" de population montre que l'espèce humaine s'adapte très bien à son environnement, qu'elle s'adapte d'ailleurs de mieux en mieux puisque la démographie devient quasi exponentielle à partir de 1800 ( 1 milliard). Le 2° milliard date de 1930, le 3° en 1960, puis le 4° en 1974, le 5° en 1987 et le 6° en 1999. A ce rythme, l'ONU estime que nous serons 9 milliards en 1950.

D'où vient le succès des humains. Ils partagent avec la plupart des animaux de son poids, la capacité à vivre en groupe, voire en groupes structurés telles qu'on les trouve chez les animaux dits "sociaux". La différence entre vivre en groupe et de vivre en société, c'est que dans le premier cas, on se cotoie de manière relativement pacifique puisque la masse fait également protection tandis qu'en société, il y a organisation et division des tâches au point de créer de vrais dimorphismes physiques. Chez les fourmis par exemple : la fourmi ouvrière peut être transportée sur la tête de la fourmi soldat chez la fourmi légionnaire. Elle crée également des dimorphismes sociaux chez les humains : pensons à la disparité entre le revenu des plus riches et celui des plus pauvres et ce depuis que les sociétés humaines sont devenues relativement complexes.

En réalité "la niche écologique" de l'humain c'est, plutôt que la sociabilité, l'existence de la main qui d'outil mécanique devient l'apprenti du cerveau. Elle est ensuite renforcée par la sociabilité et nous tombons alors dans le cercle vertueux main/sociabilité/cerveau/sociabilité/main qui est à l'origine de notre explosion démographique.

Cependant quand nous étions peu nombreux, nos premiers groupes se sont étendus puis dispersés à travers toute la Terre. Mais comme notre population a explosé, nous nous retrouvons tous voisins avec le problème suivant : plus nous avons vécu longtemps loin l'un de l'autre plus nous sommes différents, par contre, plus nous nous sommes cotoyés et plus nos différences se sont atténuées. Nous ne parlons pas ici de la guerre mais de l'étrangeté des moeurs que les uns ressentent vis à vis des autres.

C'est pourquoi, nous parlons de démocratie et de droits de l'homme au sein de ce que l'on peut appeler la civilisation européenne tandis que nous parlerons de bonne gouvernance pour des peuples qui nous sont proches massivement que depuis relativement peu de temps.

Publié dans 12chinois

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"je" dominique 08/02/2007 21:13

et le cosmopolitisme qu'en fais-tu, Jurek? Va donc voir du côté d'Ulrich Beck (sociologue allemand), il invite à un décalage de point de vue qui pourrait nous sortir du jeu des "je" , c'est du moins une piste que je propose à la sagacité de Jurek.